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Le manoir Masson de Terrebonne

Le manoir Masson de Terrebonne

La veuve et héritière de Joseph Masson, Sophie Raymond Masson, réalise un projet que la mort soudaine de son mari avait empêché celui-ci de concrétiser, et elle entreprend bientôt la construction d’une résidence seigneuriale digne de son rang. De 1848 à 1854, l’architecte Pierre-Louis Morin mène à terme le projet de la seigneuresse. À la Noël 1854, elle prend possession de l’imposant bâtiment, bien vite qualifié de « château » par la population. C’est ce « manoir Masson » que nous avons le bonheur de pouvoir admirer encore dans toute sa splendeur, un siècle et demi plus tard

Pendant près de trente ans, le « château » est un foyer de vie sociale brillant et les élites religieuses et politiques s’y retrouvent. D’une grande charité, la seigneuresse vient en aide à Monseigneur Taché dans sa mission de Saint-Boniface. Elle s’occupe de développer l’instruction sur ses terres (construction du Collège Masson, rue Saint-Louis, tout en haut de la côte de la rue Chapleau, malheureusement détruit par un incendie en 1875 et jamais reconstruit). Elle soutient dans leurs études les jeunes Louis Riel et Adolphe Chapleau, ce dernier natif de Terrebonne et futur Premier ministre du Québec. Dans les dernières années de sa vie, elle participe généreusement à la construction de la nouvelle église paroissiale.

À sa mort en 1882, à l’âge de 84 ans, la seigneuresse légue le manoir aux sœurs de la Providence afin qu’on y établisse un « foyer » pour dames de la bonne société. Cet « Hospice Sainte-Sophie » ne dure que cinq ans : confrontées aux difficultés d’implantation de cette œuvre et excédées par les contestations et tracasseries suscitées par les autres héritiers, les religieuses rétrocédent alors à la succession Masson le legs qui leur avait été fait. Le 6 mai 1888, la maison de la seigneuresse est fermée et la vie s’en retire pendant quatorze ans, soit jusqu’à ce que les pères du Très-Saint-Sacrement l’achètent et le transforment en juvénat. Depuis cette époque, le manoir est transformé en un lieu d’éducation.